Le groupe des anoures

Les anoures sont un ordre d'amphibiens, caractérisés par l'absence de la queue au stade adulte et par le chant des mâles pour attirer les femelles durant la saison de reproduction.

    Environ 4600 espèces d'anoures ont été recensées à l'heure actuelle dans le monde, dont une cinquantaine en Europe. La majorité des espèces européennes appartiennent au groupe des Ranoidei et plus particulièrement au genre Rana de la famille des Ranidés. Les espèces du genre Rana présentent une très grande diversité de morphologies, de modes de vie, de reproduction et de développement.             


Écologie    

Le cycle annuel des anoures fait l'objet d'une migration, principale garante de la diversité génétique et donc de la viabilité des populations. Relativement fidèles à leurs sites de reproduction, ils les rejoignent de la fin de l'hiver au début du printemps. Les mâles émettent des chants nocturnes pour attirer les femelles. Les partenaires, parfois multiples, se superposent, pour former un amplexus. La fécondation externe, se traduit par l'expansion de liquide séminal sur les œufs pondus, qui se présentent parfois sous forme de masse unique (cordons). Après les accouplements et les pontes en eaux libres, les individus partent vers leurs quartiers d'été, avant de rejoindre les quartiers d'hivers dès l'automne.

Les anoures ont un mode de vie biphasique, c'est à dire successivement aquatique et terrestre. Le mot amphibien provient d'ailleurs du grec amphibios, qui signifie « qui vit dans deux éléments ». Ce changement radical d'habitat de vie suggère de profondes modifications du fonctionnement de l'organisme, par la métamorphose. Après une phase larvaire aquatique où les têtards développent des membres et perdent leur queue, ils colonisent la terre ferme.

Majoritairement nocturne, l'activité des anoures est fortement conditionnée par les aléas climatiques, en particulier par les précipitations, qui favorisent leur recherche de nourriture et empêche leur peau de se déshydrater. Une atmosphère chaude et humide en l'absence de vent leur est la plus favorable. A l'inverse lorsqu'il fait froid et sec, les individus se mettent à l'abri et entrent en vie ralentie (léthargie) hivernale.

Les anoures sont carnivores et insectivores. Leur spectre alimentaire très large se compose de vertébrés et d'invertébrés. Ils chassent par détection visuelle.

Habitats     

Grâce à une importante capacité colonisatrice, les anoures occupent une grande variété de milieux naturels, des forêts denses aux plaines steppiques, jusqu'à 2800 m d'altitude. Ils ont cependant des préférences spécifiques, et les espèces ayant les mêmes exigences écologiques sont associées et regroupées en cortèges.

L'unité fonctionnelle écologique des adultes se compose de l'ensemble des zones fréquentées au cours de la vie de l'individu: un milieu terrestre pour l'alimentation et l'hivernage, un milieu aquatique pour la reproduction (généralement en eaux stagnantes de faible profondeur), et un couloir de circulation entre les deux.               

Les points d'eau, souvent formés dans des dépressions d'origine naturelle (érosion, déracinement, barrage naturel) ou anthropique (trous d'obus, travaux, carrières, aménagement de plans d'eau), sont instables et voués à être comblés par accumulation de matière organique. La colonisation de nouveaux milieux est assurée par la dispersion des jeunes individus.

Principaux facteurs de menaces    

La viabilité des populations d'anoures est principalement conditionnée par la disponibilité et la qualité des habitats naturels auxquels ils sont inféodés. Leur pérennité est fortement impactée par la dégradation et la destruction de ces habitats, et notamment leur  fragmentation. Ce phénomène d'origine anthropique (zones urbanisées, labours, cultures intensives) se traduit par la déconnexion des populations d'anoures, en raison de la présence d'obstacles (routes, autoroutes, canaux), que les capacités locomotrices limitées de ces espèces rendent quasiment infranchissables sans aménagements adéquats (crapoducs). Les conséquences directes de cette fragmentation sont l'isolement géographique des populations et la perte de diversité génétique, entrainant parfois la disparition de la population.

Dans une moindre mesure, les anoures sont également victimes de la pêche, de la pollution des sols et des eaux, de l'introduction d'espèces et notamment de poissons dans les plans d'eau fermés, ou encore de l'assèchement de zones humides.

Source: ACEMAV coll., Duguet R. & Melki F. ed., 2003. Les Amphibiens de France, Belgique et Luxembourg. Collection Parthénope, éditions Biotope, Mèze (France). 480 p.

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